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LA NOUVELLE

 

Le Concours de la Nouvelle en Seconde


C’est l’histoire d’une Mission : enseigner, et surtout faire vivre les programmes nationaux en Français.

Au menu de la Seconde, des « Objets d’étude » consacrés à l’univers du roman et de la nouvelle…

C’est l’histoire d’une Passion : pour l’écriture, pour la promotion des élèves qui nous sont confiés.

Le défi est de faire de chaque lycéen un écrivain, avec, à la clé, la chance d’être lu, élu et édité.

C’est l’histoire d’une Communion : autour des livres, passe-temps et passeports incontournables.

Né en 2002, le Concours réchauffe et dynamise l’entrée dans l’hiver, suscitant un bel enthousiasme intergénérationnel : temps fort au plan humain, pédagogique et culturel.
Trois jurys sont désormais constitués : le Jury du Caousou, le Jury littéraire (partenariat avec la Médiathèque de Toulouse, la bibliothèque du Périgord, La Pléiade et plusieurs écrivains reconnus qui nous ont fait l’honneur de participer à ce jury spécifique) et Jury des Internautes.

C’est également l’histoire d’une Complémentarité entre Arts Plastiques et Littérature, puisque les nouvelles des lauréats se verront illustrées par le groupe d’Arts Plastiques de Seconde. Découvrez le sujet à partir duquel tous les lycéens de seconde ont composé.

 

 

Lauréats du Concours de la Nouvelle 2012

 

2°1 Benjamin CAVALLIER Terminus
2°2 Mateo BOUDRY L'oeil (Prix du Jury Littéraire)

2°3

Léa LAHITON Des choix irréversibles (Prix du Jury Caousou)
2°4 Claire TRESSIERES Le chemin des enfers
2°5 Maureen LLAURO Le chemin de la victoire
2°6 Morgane JAY Double Je (Prix du Jury des Internautes)

 

Prix du Jury Littéraire :

L’œil


Ce jour-là, j’errais entre les rayonnages d’une librairie, sans savoir exactement ce que je cherchais, mais désirant trouver la perle rare. Mon regard s’arrêta sur un ouvrage qui ne semblait pas avoir sa place parmi tous les livres flambant neufs de la boutique. Il se trouvait sur une étagère au ras du sol, si bien que je dus me baisser pour l’atteindre. Bizarrement, j’eus un mal fou à l’extirper de son emplacement auquel il semblait tant tenir. Il ne portait aucun titre, aucune illustration. Je l’ouvris au hasard et s’échappa alors des pages cette odeur si particulière des livres anciens. Les pages étaient étonnamment vierges. Je cherchais à savoir quel était ce livre lorsqu’un objet très léger tomba à mes pieds. Comment ne l’avais-je pas remarqué avant ?

C’était une photo, en noir et blanc, jaunie par le temps. Je fus légèrement déçu quand je m’aperçus qu’il ne s’agissait là que de la photo d’une maison. Je la glissai dans ma poche et une étrange impression me poussa à sortir de la librairie. Je me sentais… observé.

Une fois rentré chez moi, je découvris que cette maison ne m’était pas inconnue : c’était celle où j’avais passé la majeure partie de mon enfance ! Je l’observais plus attentivement et finis par entrapercevoir une forme sombre derrière une fenêtre. Je pris une loupe dotée d’un verre très grossissant. Quelle ne fut pas ma surprise ! Cette silhouette-là, je ne la connaissais que trop bien. C’était mon père, cet homme qui nous avait abandonnés, ma mère et moi, depuis huit ans déjà, pour emménager avec une de ses maîtresses. En observant mieux son visage, je lui trouvai un air inhabituel, comme effrayé.

Après mûre réflexion, une chose me parut invraisemblable : cette photo semblait récente mais cependant marquée par le temps. À partir de cette découverte, je devins de plus en plus obsédé par elle. Je passais des heures entières à l’observer, lorsqu’un jour je crus voir mon père bouger la tête. Impossible! me dis-je. Tout cela n’est que folie ! Je me décidai alors à brûler la photo, mais au dernier moment ne pus m’y résoudre.

Une semaine plus tard, je la contemplai de nouveau. J’ouvris alors des yeux ébahis : cette fois il était clair qu’il bougeait, et avait toujours cet air horrifié, la bouche grande ouverte, comme s’il hurlait. Je sentis des gouttes de sueur perler sur mon front. N’y tenant plus, je voulus me rendre sur les lieux où la photo avait été prise, c'est-à-dire retrouver la maison elle-même.

J’eus un peu de mal à la retrouver, dans ce petit village perdu dans la forêt ariégeoise. Une fois arrivé devant le lourd portail rouillé, je me sentis défaillir : mon père ne pouvait pas se trouver là, car le chemin qui menait jusqu’à la maison n’était plus entretenu, envahi par les ronces et les mauvaises herbes. Malgré tout, le désir de pénétrer dans la maison s’empara de moi.

Je réussis tant bien que mal, après m’être échiné à escalader le portail et m’être démené longtemps avec les broussailles, à parvenir devant la porte d’entrée. J’eus le soulagement de découvrir qu’elle n’était pas fermée. La joie m’envahit un instant et s’évapora aussitôt : la maison était délabrée et sens dessus dessous, mon père n’aurait jamais pu y résider ! Je me précipitai au deuxième étage pour me rendre à la fameuse fenêtre, montant les marches en hurlant à mon père que malgré les années qui s’étaient écoulées, nous pouvions toujours nous pardonner et repartir sur de nouvelles bases. Lorsque j’arrivai devant la fenêtre, mon sang se glaça d’effroi. Un œil gigantesque m’observait à travers la vitre brisée. Je cherchai à rebrousser chemin mais une force invisible me maintenait à ma place. Je n’arrêtai pas de hurler en m’arrachant les cheveux…

Mr Dubois retira son œil fatigué de la loupe : cette fois il était sûr d’avoir reconnu son fils sur cette vieille photo qu’il avait fait développer le jour où il avait quitté sa famille pour vivre avec Louise. Pire, il avait presque la certitude de voir son fils bouger…

L'oeil


Prix du Jury Caousou :

Des choix irréversibles

Mercredi 31 octobre

Lou, voici mon dernier courrier. Nous l’attendions tous les deux et lorsque tu le recevras je ne serai probablement plus qu’à quelques heures de ma terre natale. Là où nous nous sommes rencontrés, il y a désormais huit ans. Là où à l’époque, devenir militaire n’était qu’un rêve et que je t’ai vue à la sortie du lycée avec ce petit bonnet, ces yeux pétillants et ce magnifique sourire. C’est là, contre toute attente que je t’ai aimée. Pendant un moment, on s’est cherchés, on hésitait à se parler… Et finalement on s’est rapprochés et peu à peu nous sommes devenus plus que de simples amis. Je pouvais enfin te tenir la main, te regarder dans les yeux et te dire ces deux mots que j’avais prononcés plusieurs fois dans le passé mais qui, cette fois-ci dans ma bouche, sonnaient vrais.

Puis j’ai décidé de réaliser mon rêve. Être militaire me permettait de mettre à profit tout ce que j’avais appris à acquérir jusque-là : l’audace, le courage, la volonté. Tu m’en as voulu, tu avais peur pour moi et pourtant tu m’as laissé partir. Regarde, aujourd’hui j’ai accompli ce que je désirais accomplir. Je suis allé défendre des milliers de gens dans des pays en guerre. Désormais je vais rentrer et je ne repartirai plus. Tu ne frissonneras plus à l’idée de me perdre. Je crois qu’il est temps qu’on vive, qu’on bâtisse un avenir tous les deux. Je suis prêt Lou.

Ah ! L’officier général m’appelle. Il a besoin de moi pour ranger tout le matériel dans les caisses que nous allons transporter jusqu’à l’avion, l’avion du retour.

Je regarde par la fenêtre de la caserne. On y voit le résultat d’une guerre encore un peu plus meurtrière. Est-ce qu’un jour tout cela cessera ? Je vois certains de mes camarades, monter dans des ambulances. Partent-ils pour toujours ? Les tensions semblent cependant s’être apaisées, et c’est pour cela que nous rentrons. En tout cas, les quelques mois que j’ai dû vivre ici ont été particulièrement difficiles. Jamais je n’aurai cru pouvoir ressentir un manque aussi poignant. Tu m’as changé Lou, mon amour pour toi m’a changé. Alors les derniers temps, revenant d’une journée interminable, où encore un peu plus de sang avait coulé, je pensais à nos projets.

Je prépare mon retour, ça y est. Ce chemin je le vois, le vois-tu aussi ? Ce chemin que j’ai fait en sens inverse il y a quelque temps, en te tournant le dos pour aller là où le régiment m’emmenait, je vais enfin pouvoir le faire face à toi !
Si tu savais à quel point il me tarde l’instant où tu liras cela, où tu ne seras alors plus qu’à quelques mètres de moi, où tu seras heureuse. Et tu en pleureras même. Je te connais, tu es sensible. En attendant je t’embrasse Lou. Je t’aime.
                                                      *
Mathias avait raison sur certains points. Effectivement quand Lou reçut la lettre, qu’elle l’ouvrit et la lut enfin, il se trouvait à quelques mètres d’elle, et comme il l’avait si bien deviné, elle pleurait. Elle était là, debout, dans son manteau de laine blanche. Elle était très belle malgré les rougeurs que lui infligeait le froid. À quelques détails près Mathias aurait eu raison sur toute la ligne, si cette femme ne tenait pas dans son autre main une seconde lettre. Cet homme dont elle avait été éperdument amoureuse durant ces huit dernières années était bel et bien près d’elle. Mais si elle pleurait, ce n’était pas des larmes de joie qui venaient se déposer sur la rose à ses pieds mais des larmes de désespoir.

Alors oui, certaines personnes parviennent à trouver leur chemin dans ce monde mais d’autres, comme Mathias, se perdent et ne le retrouvent pas. Deux obus l’avaient arrêté sur sa route.

Des choix irréversibles


Prix du Jury des Internautes :

Double je

Elle s’appelle Maria Lamotte. Elle a dix-huit ans. Sa mère est morte quand elle n’en avait que la moitié. Son père a poursuivi sa vie de plombier. Aujourd’hui, Maria étudie en CAP coiffure dans une école, au Nord de Paris.

J’ai rencontré John un samedi matin de printemps. Je m’en rappelle précisément en cet instant. Un ciel azur surplombait la ville et une odeur inoubliable de croissants chauds me chatouillait le nez, devant la boulangerie du quartier.

Je venais de faire tomber mes clefs lorsqu’un beau jeune homme me les ramassa en m’offrant un sourire ravageur. Vêtu d’un jean et d’un tee-shirt imprimé des quatre têtes des Beatles, je vis immédiatement qu’il n’était pas commun. Il m’a rendu mes clefs en me lançant un « salut » auquel je n’ai su répondre que par le rouge vif de mes joues.
Un mois plus tard, nous constituions un couple en parfaite harmonie. Le stade de la timidité étant dépassé, nous apprenions à nous connaître. John me surprenait et j’aimais cela. Cette impression de ne rien savoir et de tout découvrir auprès de lui m’enthousiasmait.

Deux mois plus tard, je dépendais de lui. Son parfum d’homme viril, tout ce qu’il m’offrait, ses produits … je ne pouvais plus m’en passer. Je vivais dans un autre monde, une nouvelle dimension pour moi. Heureux, nous devenions riches grâce à John, même si au fond, la peur de l’illégalité me rongeait. Pour moi, la vie demeurait simple. La nécessité de me lever le matin pour suivre mes cours était abolie et la présence de mon père dépressif ne m’était plus infligée. Je ne vivais que de lui et de ça.
Nous avions échappé plusieurs fois aux mains de la Police, mais cela m’excitait. Je rêvais de vivre dangereusement, sachant que d’un jour à l’autre, tout pourrait basculer.
Trois mois plus tard, nous nous rendions chez Francis, un ami de John. Celui-ci nous avait réservé quelques grammes de bonheur pur, ce qui nous faisait oublier nos doutes, nos peurs, nos vies, la route, le feu rouge.

Je n’avais jamais ressenti cela auparavant. J’ai tout d’un coup ouvert les yeux. Je me suis rendue compte de la situation. Comment avais-je pu faire cela ? Etait-ce bien moi ? N’était-ce qu’un rêve ?

J’ai le désir de vaincre. Vaincre la vie, vaincre le monde. Je me sens remplie de pouvoirs. Ma mère me sourit en ramassant mon croissant, tombé par terre. Elle me parle. Elle me voit. Elle est toujours là. Je suis si proche d’elle à cet instant.

Je me relève, me rappelle que j’ai cours à dix heures. Je cours et je suis presque à l’heure. Il est dix heures deux à l’horloge de l’église, sur le trottoir d’en face. J’entends du bruit, des voitures, des sirènes d’alarme.

Nous sommes quatre mois plus tard. Je suis coiffeuse dans une agence de mannequins, celle dans laquelle ma mère travaillait. Je suis comblée par mon poste.

Nous sommes cinq mois plus tard. J’ai rencontré Pierre. C’est l’homme de ma vie. Je ne le quitte plus. Je suis comblée par mon couple.

Nous sommes six mois plus tard. Je suis une femme sublime, dans ma robe blanche de mariée, rehaussée de dentelles, couronnée d’un chignon. Je suis comblée, en ce si beau jour, devant les yeux fiers de mon père.

Nous sommes deux ans plus tard. Le premier Août, il est dix heures deux. Je crie si fort. Mon bébé est enfin là. Je souffre, tout se mélange. Je suis comblée par Garance, ma première fille.

Nous revenons exactement deux ans plus tôt. Je suis par terre, je ne vois plus rien. J’entends du bruit, des voitures, des sirènes d’alarme. Je crie si fort, je souffre, et j’aperçois John couvert de sang, dix mètres plus loin.

Je m’appelle Maria Lamotte. J’ai dix-huit ans. J’ai perdu ma mère lorsque je n’en avais que la moitié. Mon père est toujours plombier et dépressif. Je suis toujours inscrite au CAP coiffure d’une école au Nord de Paris.

Il est dix heures deux et je ne suis plus.

Double je


Terminus ?


Alexandre exerçait un noble métier pas banal, et même plutôt exceptionnel. Il montrait le chemin aux gens. Il les guidait, leur ouvrait la voie, bref, il les aidait à trouver le bon chemin.

Mais attention ! Tout cela était très complexe ! Il avait suivi des études pendant une dizaine d’années ou peut-être plus ! Ses principales matières étaient la philosophie, la psychologie, et aussi une matière très difficile et peu répandue de nos jours, l’art de parler aux gens avec gentillesse, compréhension et patience. La voix d’Alexandre était très apaisante, il en était d’ailleurs très fier.

De plus, Alexandre détenait son brevet d’aviateur. Cela était indispensable pour son métier. Il avait un don. Un talent incontestable pour la voltige. Il était de loin le meilleur de tous. C’est qu’il en avait parcouru du chemin dans les airs ; déjà, tout petit, son père le faisait voler. Son père fut, lui aussi, un guide remarquable, très fort en voltige et presque autant en psychologie. Leur famille exerçait ce métier depuis des générations et des générations.

Les patients d’Alexandre étaient vraiment tous différents et leurs origines très diversifiées. Il pouvait aider des personnes du monde entier et avait visité presque toutes les villes de la Terre. Les personnes étaient généralement et heureusement âgées. Tant mieux pour lui : Alexandre n’aimait pas tellement avoir des jeunes, cela le mettait mal à l’aise. Ses entretiens avec ses patients restaient en général courts. Pas plus d’une heure. Ce qu’il y avait d’intéressant dans sa profession, c’est qu’il ne voyait jamais deux fois la même personne. Un collègue à lui prétend qu’il l’a déjà fait. Mais cela reste exceptionnel et très rare. Il pouvait toutefois traiter des membres de la même famille. Ce qui est tout à fait normal dans le métier.

Entre les différentes « missions » comme ils disent dans le jargon, il avait le temps de retrouver ses collègues à la cafétéria et de prendre un petit café tout en discutant des blagues des uns, des péripéties des autres, et des histoires de tous. L’un venait d’essuyer une violente tempête, l’autre avait eu une patiente vraiment très belle, l’un, un dossier délicat à traiter, l’autre arrivait d’une ville gigantesque et s’était perdu, …
Alexandre venait de recevoir par lettre sa prochaine mission : « Bernard, 58 ans, accident de voiture, autoroute A62, France. », suivie d’un dossier détaillé sur sa vie.

Il était temps pour Alexandre de déployer ses majestueuses ailes brillant de mille feux et de descendre des cieux pour guider ce pauvre homme vers le paradis.

Terminus ?


Le chemin des Enfers

17/12/2010

« Le chemin de la réussite », un son si doux à mes oreilles, et une pensée tellement agréable pour mon esprit dépravé.

Mais cela, c’était avant ; maintenant, je n’ai plus que le goût amer de l’échec. J’étais riche, je suis pauvre. J’étais célèbre et respecté, je vis désormais sous une tente. J’étais envié, j’avais beaucoup d’amis, je suis oublié, on me fuit. Je ne suis plus rien ; un pauvre hère demandant l’aumône.

« Le grand politicien, futur sauveur du monde », quelle ironie ! J’ai tout perdu ; c’est allé si vite, le temps d’un claquement de doigts et je me retrouve sous une tente.
Mais j’ai encore ma fierté, je ne veux pas que l’on ait pitié de moi, il ne FAUT pas que l’on ait pitié de moi.

Le matin, je me lève, c’est un combat de tous les jours. Je vis à Paris, dans le Bois de Boulogne. Ah, Paris ! Échec ou réussite, il n’existe pas de vie banale à Paris. Je ris, oui cela m’arrive encore, mais c’est un rire froid, ironique. Je ris en voyant ces jeunes hommes, habillés en pingouins, tout droit sortis des plus grandes universités d’Europe. Que croient-ils ? Que le monde va s’agenouiller à leurs pieds ? Au contraire, ils vont se faire piétiner ! J’ai des envies de meurtre, je suis rongé par la jalousie. Le soir, je rentre par le chemin habituel. Sauf que, ce soir-là, rien n’était habituel. Le ciel était très clair, ce qui m’a étonné, vu l’heure tardive. Je m’assis sur un banc sans remarquer le vieillard qui y était déjà.

« Comment vous appelez-vous ? »

Je sursautai.
« Tim euh… Maxwell » mentis-je.
« Je vois, la politique ne vous a pas réussi, n’est-ce pas ? »

Je fus pris de sueurs froides ; comment pouvait-il savoir ?
J’étais méconnaissable ; ma barbe et mes cheveux avaient poussé, j’étais sale, emmitouflé dans quatre couches de vêtements pour résister au dur froid de l’hiver.
« Euh…je…qu’en savez-vous ? ». Je bafouillais, en colère.
« Ne démarrez pas au quart de tour, je sais tout. » Le vieillard rit, d’un rire glacial et cruel. Je frissonnais et cela n’avait rien à voir avec le froid.

Il reprit : «Vous voulez vous venger, je le sens, j’ai les moyens pour ça. » Le ton était dur, sérieux.
« Je… Au revoir, monsieur. »
« En effet, ce n’est qu’un au revoir ; si vous changez d’avis je serais toujours ici. »
Je partis, le pas pressé, désireux de quitter cet homme le plus vite possible.

18/12/2010

Une idée me trotte dans la tête. Oui, le vieillard avait raison, je veux me venger de ces impudents qui m’ont jeté dans le néant. Je retournais donc le voir, persuadé qu’il n’y serait pas. À ma grande surprise, il était là, à la même place.

Il me regarda froidement et me tendit simplement un petit carnet noir.
« Si tu tiens à te venger à tout prix, écris ton nom. »

C’est ce que je fis ; j’étais sans doute inconscient. Des noms y étaient déjà inscrits, ils étaient tous barrés. Il me reprit le carnet ; le temps d’un clignement de paupières et il avait disparu. Perturbé, je poursuivis ma promenade. Ce que je vis me choqua profondément. À la télévision de l’un des innombrables cafés parisiens, était diffusé un reportage sur la mort d’un politicien, un de mes anciens collègues, survenue quelques minutes après ma rencontre avec le vieillard. Les policiers n’avaient pas trouvé le moindre indice. Je rentrai, bouleversé.

22/12/2010

Je crois que je deviens fou, c’est ma faute, j’en suis sûr. Plusieurs de mes anciens collègues sont morts, pour des raisons inconnues. Je ne dors plus, j’ai peur. Ils meurent tous. Je suis en train de devenir fou.

25/12/2010

Le dernier de mes collègues est mort. J’ai peur. Le vieillard est de nouveau là, je le fuis, il me regarde avec ses yeux morts. Il me guette et me nargue. Je l’ai entendu dans un murmure : « Tu es vengé, c’est l’heure, paie ta dette. »

C’était la dernière pièce à convictions de l’affaire. On avait retrouvé Maxime Laas (car c’était son vrai nom), mort dans sa tente, pour des raisons inexpliquées.
On avait également retrouvé, sur un banc, un petit carnet noir. Il contenait beaucoup de noms… de personnes mortes ou disparues, y compris celui de Tim Maxwell.
En première page était écrit : « Trouve ton chemin, suis celui qui descend vers les Enfers. »

Le chemin des Enfers

 


Le chemin de la victoire


C’était un jour d’hiver comme les autres pour Adam, ses cheveux fins étaient brûlés par le soleil. Les promenades dans le parc étaient devenues désormais quotidiennes, chaque jour à ses heures bien précises, quel que soit le temps, à l’abri de toute la circulation extérieure. C’était une pause qu’il s’accordait pour respirer un peu et échapper à tout stress. Un petit vent frais lui caressait les joues. Il aimait le bruit des feuilles dorées et rouillées qui craquaient sous les pieds des passants, la bonne odeur du bois qui s’échappait des cheminées, et parler de tout et de rien avec Suzanne, sa sœur, qui le guidait dans le parc. Les fleurs étaient fanées, le lac avait vêtu son grand manteau blanc au plus grand bonheur des enfants qui patinaient. Adam les regardait avec envie, mais il n’avait jamais pu faire de patin à glace. Cependant il avait pratiqué la course à très haut niveau, il avait même participé aux Jeux Olympiques de 2009.

J’ai le souvenir exact de cette journée. La pression était telle que mon cœur battait à cent à l’heure. Je sentais déjà la tension sur mon front, où des perles de sueur apparaissaient. J’avais la boule au ventre mais je me disais que je devais me surpasser. Le coup de sifflet retentit ; tous les candidats partirent. Je me sentais revivre. Tout mon stress envolé, je ne pensais qu’à une seule chose : la victoire. J’étais dur comme l’acier et rapide comme l’éclair, je pris la tête de la course à partir du premier tour. La rage et l’envie me faisaient pousser des ailes, et cette année, ce serait moi. Quand la fin de la course approcha, j’étais toujours en tête et à quelques mètres de la ligne d’arrivée, le stade en effervescence clamait et criait mon nom. Je franchis cette ligne. Je brandis haut la main. Quelle joie m’envahit alors !

Après quelques minutes, le podium et la coupe étaient là et la première place m’attendait. Toutes ces épreuves, tous ces entraînements avaient fini par payer. On m’aida à monter sur l’estrade et je levai la coupe en or devant la foule en joie. Les larmes me montèrent aux yeux, je ne pus m’empêcher d’exprimer mon bonheur et mon engouement devant tant de gens si heureux pour moi.

Au premier rang, Suzanne souriait. Elle était si belle, j’eus envie de la serrer contre moi. Cette victoire, je l’avais gagnée pour elle. À côté de moi, les autres candidats applaudissaient, à contre-cœur. Dans leurs yeux qui brillaient, je voyais l’envie d’être à ma place.
Je rejoignis ensuite Suzanne qui m’embrassa et me félicita. Vers treize heures, nous partîmes au cocktail organisé en mon honneur. Le champagne coulait à flots, comme une cascade sur tous les verres. Chaque membre de l’association vint tour à tour me féliciter, puis me solliciter afin de verser des dons à l’association dont j’étais le parrain.

Chaque journée se finissait parfaitement bien, puisqu’avec Suzanne, nous allions au parc comme d’habitude. Je regardais les enfants, assis sur le fauteuil roulant que Suzanne conduisait depuis désormais presque dix ans, à la suite d’un accident de ski alpin.

Le chemin de la victoire

 


 

Les nouvelles et les résultats de 2011

Eclat de jeunesse
La chute
Le double je
L'heure tourne
Prédiction

Lauréats 2011

 

2e1 : La chute, de Léa GEVIN ( jury Caousou) lauréate du prix des internautes
        Une étoile saigne dans la neige, de Mélanie de GROSSOUVRES ( jury littéraire)

2e2 : L’ombre de l’Epitaphe, de Valentin CLEDASSOU

2e3 : Prédictions, de Juliette PEREZ, lauréate du Jury Littéraire

2e4 : Double Je, de Ana-Sophia CUBAS , lauréate du jury Caousou

2e5 : L’heure tourne, de Anaëlle ROUQUETTE ( jury Caousou)
        Les bois perdus, de Valentin BOUZONIE ( jury littéraire)

2e6 : Eclat de jeunesse, de Sophie BONNEFOY ( jury Caousou)
        Novembre noir, de Maylis LETONDOT ( jury littéraire)

 


 

Les nouvelles et les résultats de 2010

Au clair(e) de la lune
Enfance
Eux
Führer
La lettre
La rue de Vert Galant
Qui suis-je


Lauréats 2010

Alexis MERLE ( 2e1) pour Führer
Agnès GARRIGUE ( 2e2) pour Eux
Anna BIROLLI ( 2e3) pour Au clair(e) de la lune
Lisa CONTRASTY pour La lettre
et Sophie GAU pour La rue du vert galant (2e4)
Théo ANDRIOT pour Qui suis-je ?
et Etienne PERSONNAZ avec Pour quelques roses…
Flore BARDET pour Enfance


Les résultats, proclamés au C.D.I avec la complicité des professeurs documentalistes devant tout le niveau Seconde et leurs responsables, ont récompensé :

Agnès GARRIGUE, qui remporte finalement le Prix Littéraire ainsi que le Prix des Internautes, grâce à sa nouvelle Eux.

Anna BIROLLI qui obtient le prix du Caousou avec sa nouvelle Au clair(e) de la lune.


Un grand merci à Madame BERTHAUX ( écrivain, prix Prométhée de la Nouvelle), à Monsieur BARRERE( poète), à François BON( écrivain), à Daniel PICOULY ( écrivain), à Madame LEBRUN (représentant la Médiathèque J. CABANIS), à M. TERRANCLE (représentant les éditions PRIVAT), à Madame MARTIN (représentant la librairie la Pléïade), à N. GASBARRI ( écrivain) qui nous ont fait l’honneur de participer au Jury Littéraire.


BRAVO également au groupe d’Arts Plastiques de Seconde qui a tenté l’expérience de l’illustration. Conseillés par Ghislaine HABY et l’illustratrice Marie CIOSI, ces lycéens ont élaboré chacun cinq compositions ainsi qu’une première de couverture dont voici quelques exemples.

Couverture :

Anais Goudallier

Louise Javelot

Charlotte Jauffret

 

Du Sang et des mots

Marie Nivot

Quentin Farenc

 

Eux

Agnès Garrigue

Anna Rykner

Manon Fournier

Léa Gevin

Théo Isaacs

 

Au clair(e) de la lune

Alizée Caucanas

Anais Goudalliers

Jade Guilbaud

Théo Isaacs

Quentin Farenc

   
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